CRITIQUE D’ART
Gokche Erkan, été 2004 Toronto Canada
Carolina Villamil est née à Bogotá, en Colombie. Elle est diplômée avec mention du programme des Beaux-Arts de l’Université des Andes en 1991. En 1996, elle part à Paris pour approfondir sa formation en expression artistique à travers les médias numériques à l’Atelier Miguel Chevallier.
À son retour à Bogotá, elle remporte plusieurs distinctions, parmi lesquelles le Prix national de peinture BBVA, organisé par l’une des plus grandes banques de Colombie, ainsi que le prestigieux Prix national de peinture Porvenir.
Carolina travaille principalement à l’huile et à l’acrylique sur toile. Une partie essentielle de son processus créatif consiste à travailler les images sur ordinateur, qu’elle utilise pour élaborer ses esquisses et comme point de départ de ses peintures. À partir de ces explorations numériques, elle crée une nouvelle relation entre l’humain et la nature, où la couleur transforme chaque source de réalité et maintient vivant le plaisir esthétique.
Ses œuvres font partie d’importantes collections corporatives et privées en Colombie, au Canada, aux États-Unis, en France, en Allemagne et au Brésil, ainsi que du Musée d’Art Contemporain de Bogotá.
Depuis 1999, elle a réalisé six expositions individuelles et participé à quatorze expositions collectives.
Cette exposition marque la première présentation de Carolina à Toronto, Canada.
Texte de Gokche Erkan, commissaire d’art – été 2004 – Toronto Canada
María Teresa Guerrero Avril 1999 Bogota Colombie
Depuis le temps où le paysage a acquis son rôle de protagoniste au XIXᵉ siècle,
les artistes n’ont cessé de le préfigurer, de le réinventer, de transformer les délices que la nature offre à l’œil sensible de l’observateur. Contempler la gloire, la splendeur et la diversité de l’infinité de panoramas, de recoins et d’instants qui nous entourent — et qui possèdent une vie différente de la nôtre — constitue la meilleure source d’étude et de plaisir pour la vue.
Aujourd’hui, au-delà de tout intérêt purement contemplatif, avec l’apparition de nouveaux outils de travail tels que l’ordinateur, l’artiste les intègre et en tire un bénéfice accru dans ses résultats plastiques. Tel est le cas de Carolina Villamil, artiste qui se partage entre la nature, sa richesse et le développement de la technologie. C’est le pouvoir de substituer une nouvelle idée de la nature, de l’espace, de la perception de la lumière et des couleurs par un objet — ou un objet par une idée.
Chez elle, le paysage devient la parfaite connexion entre la proximité du détail et la capacité de le porter, dans toute la liberté de son propre langage, vers des rythmes et des mouvements, dans les plus beaux éclats ou exagérations de la couleur.
Son inspiration, toujours liée à ses souvenirs et aux festins chromatiques perpétués dans sa mémoire, construit, ordonne et recrée ainsi une nouvelle nature, impeccable et cristalline, où la jouissance esthétique demeure à l’état latent.
María Teresa Guerrero, Commissaire d’art – Avril 1999 – Bogota Colombie